La résilience, ou comment reprendre goût à la vie après un traumatisme

Boris Cyrulnik, neuropsychiatre connu en France pour avoir vulgarisé le concept de résilience, n’en n’est pourtant pas le découvreur.

C’est, en effet, une psychologue américaine, Emmy WERNER, qui l’aurait mis à jour en Californie dans les années 50.

Cet article du "monde.fr" du 9/6/12 revient sur les origines de ce concept et en décline les principaux aspects.

A lire absolument pour redonner espoir aux victimes d’expériences abominables qui pensent qu’on ne peut pas s’en sortir.

Renaître après un traumatisme

LE MONDE | 09.06.2012 à 08h39 • Mis à jour le 09.06.2012 à 08h39

Par Martine Laronche

"Dans les années d'après-guerre, un enfant traumatisé était considéré comme foutu", se souvient Boris Cyrulnik.

"Dans les années d’après-guerre, un enfant traumatisé était considéré comme foutu", se souvient Boris Cyrulnik. | AFP/Armend Nimani

Dans les sciences physiques, le terme de résilience définit l’aptitude d’un matériau à résister aux chocs. Ce phénomène a donné son nom à un concept psychologique : à savoir un processus biologique, psychoaffectif, social et culturel qui permet un nouveau développement après un traumatisme psychique.

Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, défenseur infatigable de ce concept, coorganise un congrès mondial, à Paris, du jeudi 7 au dimanche 10 juin, et sort un livre collectif qu’il a dirigé avec Gérard Jorland, philosophe et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (Résilience, connaissances de base. Odile Jacob, 224 p. 23, 90 euros).

Le neuropsychiatre, qui a fait connaître en France le processus de résilience, en est un des grands spécialistes mais n’en est pas l’inventeur. D’autres, avant lui, ont défriché le terrain. Le concept naît aux Etats-Unis. On en attribue la paternité à Emmy Werner, professeur de psychologie à l’université de Californie à Davis.

Elle lance une grande étude, dans les années 1950, sur l’île de Kauai dans l’archipel d’Hawaï, sur un groupe de 837 nouveau-nés vivant dans des conditions très difficiles. Elle les suit, avec sa conseur Ruth Smith, psychologue clinicienne à Kauai, jusqu’à l’âge de 40 ans. Les enfants souffrent de carence affective, maltraitance ou abandon…

Mais, au terme de leur étude, les chercheuses constatent que, malgré leur enfance blessée, 28 % d’entre eux avaient pu apprendre un métier, fondé une famille et ne manifestaient pas plus de troubles que dans la population générale. Le fait que des enfants considérés comme perdus avaient pu prendre un nouveau départ malgré les coups du sort constituait alors une merveilleuse surprise. Elles s’interrogent sur les occasions qui leur ont permis d’avoir une vie normale. Les chercheuses américaines publient, en 1982, un texte qui fait date, Etude longitudinale d’enfants et de jeunes résilients. Les bases du concept sont posées. Par la suite, les chercheurs vont s’employer à définir les conditions qui favorisent ou contrecarrent ce processus.

"Dans les années d’après-guerre, un enfant traumatisé était considéré comme foutu, se souvient Boris Cyrulnik. Jusqu’aux années 1980, le misérabilisme psychologique nous faisait accepter la fatalité." A partir de l’observation des survivants des camps de concentration, des orphelins roumains et des enfants des rues en Amérique latine, le neuropsychiatre décide d’explorer, à partir des années 1990, la capacité de résilience des individus.

DONNER DU SENS À SON FRACAS INTÉRIEUR

Il distingue les facteurs génétiques et "épigénétiques", qui dépendent de l’environnement, de l’histoire individuelle ou collective. Au rang de l’héritage conféré par les gènes, il y a, chez tous les mammifères, 15 % de petits transporteurs de sérotonine, un neurotransmetteur impliqué dans le bien-être. Si le contexte est traumatisant, les effets du stress seront amplifiés pour ces petits porteurs. Mais les facteurs "épigénétiques", avec, au premier rang, les conditions de sécurité affective dans lesquelles grandit un enfant, sont autrement plus importantes que ce facteur génétique. "Un petit transporteur de sérotonine élevé dans un milieu affectif stable sera équilibré, poursuit le neuropsychiatre. A l’inverse, un gros transporteur élevé dans un milieu carencé va devenir vulnérable."

Un bébé insécurisé va répondre par un comportement de crainte à toutes les informations de la vie quotidienne. Mais si l’on améliore l’environnement, si on lui apporte sécurité et amour, le processus réparateur va reprendre très rapidement au niveau neuronal puis au niveau affectif.

Quels sont les facteurs majeurs qui entravent le processus de résilience après un traumatisme ? On en distingue trois : l’isolement, le non-sens et la honte. "Trois semaines d’isolement affectif et verbal suffisent à déclencher une atrophie limbique qui explique les troubles cognitifs de la mémoire et des émotions dont cette zone cérébrale est le support", analyse le neuropsychiatre. Par ailleurs, l’impossibilité de donner du sens à son fracas intérieur rend le traumatisé confus, hébété. "La mentalisation permet ce travail d’images et de mots, à condition de disposer d’un partenaire pour élaborer cette représentation et partager ses émotions", poursuit-il.

"La résilience s’installe lorsque le sujet parvient à réguler l’hébétude occasionnée par le traumatisme en puisant de manière salutaire dans un réservoir de protections qui vont l’aider à se préserver de la désorganisation psychique", écrit Marie Anaut, professeur à l’université Lyon-II, psychologue clinicienne, auteur d’un chapitre du livre Résilience connaissances de base. Quel est le socle de ce réservoir ? Les liens affectifs, bien sûr. Un professeur, un thérapeute, un modèle, bref une personne capable de redonner confiance. "On peut considérer que les attaches affectives sont l’un des éléments essentiels du processus de reconstruction après un traumatisme", poursuit-elle.

Les cultures, aussi, peuvent encourager un processus de résilience. Michel Tousignant, professeur associé au département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal, a travaillé sur cette question. Quand un groupe est chassé de son pays, et isolé dans le pays d’accueil, les individus survivent difficilement. Mais, quand ce groupe conserve ses rituels qui confirment son identité, l’arrachement est moins difficile à vivre.

Martine Laronche

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Hygiène au bureau : les hommes et les femmes sont inégaux

Une équipe de chercheurs aux Etats-Unis vient de dresser un constat surprenant : le travail serait un lieu où s’exprimerait de façon flagrante l’inégalité hommes/femmes sur le plan de la propreté.

En effet, selon ce rapport, les hommes seraient majoritairement responsables des microbes rencontrés au bureau…

Lisez plutôt cet article, vu ce jour sur sur le site de "lexpress-emploi" et faites-moi part de vos remarques.

Hommes au bureau, microbes à gogo?

Par LEXPRESS.fr, publié le 01/06/2012 à 12:21, mis à jour à 12:24

  • Hommes au bureau, microbes à gogo?

Au bureau, les mâles seraient "de plus gros vecteurs de microbes que les femmes".

Flickr/Bill Dimmick

Au travail, les hommes transporteraient plus de bactéries que leurs collègues féminines, selon des chercheurs américains.

On savait les claviers, poignées de portes et autres boutons d’ascenseur truffés de bactéries, potentiellement dangereuses en période d’épidémie. L’origine de cette contamination rampante des open space? Les collègues… masculins, à en croire une étude de l’université de San Diego.

Au bureau, les mâles seraient "de plus gros vecteurs de microbes que les femmes", selon les conclusions des scientifiques, repérées par le magazine Top Santé. En cause, une réticence plus grande au lavage de main, voire à l’hygiène en général, alors même que les hommes "transpirent d’avantage que les femmes, ce qui attire d’autant plus les bactéries".

Cliché sexiste de l’homme fuyant la salle de bain pour mieux se complaire dans sa crasse? Qu’ils se rassurent, la science sait se montrer impartiale: en 2007, des chercheurs de l’université d’Arizona avait au contraire démontré que les bureaux des femmes regroupent trois à quatre fois plus de bactéries que ceux des hommes.

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Comment se libérer de l’emprise d’un pervers narcissique?

Un témoignage édifiant, extrait d’un livre écrit à trois, trois victimes d’un mari pervers, qui ont mis très longtemps à prendre conscience du piège dans lequel elles étaient tombées et à s’en sortir : il s’agit de "J’ai aimé un pervers" de Mathilde Cartel, Carole Richard et Amélie Rousset, aux Editions Eyrolles.

Extrait concernant Amélie Rousset, paru sur le site "atlantico.fr" le 12 Mai dernier.

Comment j’ai découvert que mon mari était un pervers narcissique

Mathilde, Carole et Amélie se sont retrouvées dans le cabinet d’une même thérapeute. Toutes les trois ont subi pendant de nombreuses années l’emprise de conjoints manipulateurs pervers. Elles nous livrent leurs histoires dans "J’ai aimé un pervers" : la rencontre et la phase de séduction avec leurs futurs maris, l’assujettissement progressif, l’intolérable vécu au quotidien… Le récit d’Amélie (Extrait 1/2).

  • "Mon mari est peut-être ce que l’on appelle un pervers narcissique"

"Mon mari est peut-être ce que l’on appelle un pervers narcissique" Crédit Rickydavid / Flickr

Du linge. Encore et toujours du linge. Ça n’en finit pas. Ce jour-là plus encore qu’un autre. Penchée au-dessus du lit, je trie, je plie, j’empile. L’éternelle montagne de linge… Ou est-ce une mer de linge ? Lui, la mer, il est dessus. Comme toujours, comme tous les week-ends, il a rejoint son club de voile bien-aimé et cela fait des années que cela dure. Il file sur les vagues, les pieds ancrés sur sa planche, il savoure le soleil sur sa peau, il se laisse griser par les grands espaces et la vitesse. Moi, je coule et je croule sous les contraintes du quotidien qui reposent uniquement sur mes épaules.

J’ai tout juste la quarantaine, mais mon dos se plaint. Je m’assieds au bord du lit. Ma tête bourdonne. Je me laisse glisser à terre, je me recroqueville, je pose mon front sur les genoux, je ferme les yeux, ça y est elle revient. Je l’entends, je l’écoute, la sourde angoisse qui monte et remonte. Je ne peux pas l’endiguer, elle s’impose, cette sale angoisse. Je me sens très seule, prise au piège. Comment ai-je pu me retrouver enfermée dans cette vie de servitude qui m’échappe totalement, tandis que lui parvient toujours à satisfaire ses propres désirs ?

J’ai besoin d’une voix amie, de voir quelqu’un, de parler et je me décide à aller voir Corinne, une amie française. Je m’assieds dans sa cuisine. Ma main s’enroule autour de la tasse chaude. Je parle, je sirote de petites gorgées de thé chaud, je réponds aux questions, je lui confie petit à petit le malaise confus mais intolérable que je vis au sein de mon couple. Elle s’exclame : « Mais dis donc, l’autre jour, tu n’as pas entendu l’émission à la radio ? Ils ont passé une émission sur les manipulateurs. Il faut que tu écoutes ça à tout prix ! Je t’assure. »

Rentrée chez moi, je réussis à trouver deux heures calmes. Un exploit. Installée devant l’ordinateur, je clique sur une touche.

L’émission de radio, en différé, démarre. Je suis seule, j’écoute.

Je suis subjuguée. Je sursaute, même. J’ai l’impression que l’on parle de mon histoire… Mon cœur bat plus vite, je me redresse, non, ce n’est pas possible. Je retiens mon souffle.

Dans ma tête tout se bouscule. J’attrape un stylo, je note furieusement, je m’exclame : « Ça alors ? ! Mais oui ! C’est tout à fait ça !! Incroyable… » Je me tape même sur la cuisse.

L’émission prend fin. Je suis abasourdie. Les morceaux du puzzle viennent tous de se mettre en place, la lumière s’est faite, aveuglante. Je reste figée par le choc.

De cette émission à la radio, je retiens quatre points importants : mon mari est peut-être ce que l’on appelle un pervers narcissique. Les personnes comme lui ont un rapport déstructuré et faussé aux autres. Cependant on n’en guérit pas, elles ne peuvent pas changer et ne changeront jamais car elles sont incapables de se remettre en question. Même les thérapies ne marchent pas. Ensuite, on ne peut jamais gagner contre eux. Impossible. Perte de temps et d’énergie. De plus ces personnes sont particulièrement destructrices pour leur entourage. C’est ce qui les nourrit, elles ont besoin de réduire l’autre pour exister, et tous les moyens sont bons, le charme, la violence – et surtout la parole. Et enfin il n’y a qu’une seule chose à faire : s’éloigner d’elles au grand galop.

S’éloigner… Voilà bien ce à quoi mon être entier aspirait sans relâche toutes ces années durant ! Je repasse mentalement tous ces moments de vie où j’ai attendu qu’il change, où j’ai espéré qu’il prenne conscience de mon mal-être et qu’il me soutienne.

Je revois en pensée les conseils de la thérapeute de couple, et les tentatives d’intimidation de Dorian. Alors c’est bien cela ?

Il n’y avait en fait rien à faire ?

Je sens le sentiment de culpabilité qui me tenait et me minait depuis toutes ces années s’envoler d’un coup. C’est une surprise. Et une belle. Un grand poids s’est enlevé en moi.Je n’avais même pas réalisé à quel point je vivais dévorée et aveuglée par cette culpabilité que j’avais accumulée au fil des années. Je me sens mieux, je me sens plus forte. Je sais ce qu’il me reste à faire. C’est très clair : si je veux sauver ma peau, je vais devoir partir.

Malgré tout, j’ai encore besoin de preuves, d’éléments pour revoir mon histoire autrement. En cherchant sur Internet des informations sur ce que je suppose être la problématique de mon mari, je trouve des livres sur le sujet. Je lis avidement les articles trouvés, ainsi que les résumés et je passe ma commande sur une librairie en ligne. Je me sens galvanisée par cette découverte, j’ai besoin de tout ce qui pourra confirmer ce que je ressens à présent : mon mari est malade, je ne suis pas seule en cause.

A lire aussi : Face aux pervers narcissiques… "Je me rends compte que, lorsque mon mari s’absente, tout va tellement mieux"

Extrait de J’ai aimé un pervers , Eyrolles (20 avril 2012)

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Les affres de l’Amour en augmentation?

L’évolution de la société, de nos attentes par rapport au couple, l’émergence de nouveaux comportements, une plus grande diversité de population… tout ceci contribuerait-il à faire évoluer le couple, et l’amour en général, vers une tendance plus porteuse d’angoisse pour les partenaires?

C’est, a priori, ce que cet article de Pascale SENK, dans "lefigaro.fr – sante" tend à démontrer :

L’amour est-il un trouble psychique ?

Par figaro icon Pascale Senk – le 18/05/2012
Les tourments associés au sentiment amoureux, ancrés dans notre culture, sembleraient s’amplifier à notre époque.

C’est un psychanalyste qui le dit: «Les psys n’aiment pas l’amour». Et les patients, souvent, confirment. Caroline, 39 ans, en psychothérapie analytique depuis deux ans, se souvient de l’air contrarié de son thérapeute lorsqu’elle lui a annoncé en pleine séance, avec un enthousiasme débridé, avoir rencontré «l’homme de sa vie»: «Il m’a regardée, les sourcils en l’air et le front plissé, puis m’a posé toute une série de questions du genre: qu’est-ce qui vous séduit vraiment chez lui? Avez-vous pris le temps de bien parler ensemble? Etc. On aurait dit un parent inquiet», s’amuse la jeune femme. Même si cette suspicion était sans doute inspirée par l’histoire familiale et affective de cette patiente-ci, il semble de manière générale que les psychothérapeutes ont de nombreuses raisons de se méfier de l’amour.

Forcément douloureux?

De ce noble sentiment universellement espéré, vénéré, fantasmé, eux ne voient le plus souvent que les affres: couple toxique installé dans la dépendance, obsession envers une personne inaccessible, plongée mélancolique après une rupture, exacerbation du sentiment d’abandon, incapacité à quitter un(e) partenaire maltraitant(e), jalousie destructrice…. Les propos sur l’amour rapportés en séance semblent illustrer la pensée de Freud selon laquelle «nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons».

Cette vision d’un amour forcément douloureux existait pourtant bien avant l’invention de la psychanalyse, ainsi que nous le raconte avec talent la philosophe Olivia Gazalé dans son essai Je t’aime à la philo (Éditions Robert Laffont). Elle y explore les liens subtils entre nos vies affectives et la pensée d’un Spinoza ou d’un Sartre, et répond en profondeur à des questions aussi essentielles que «le désamour est-il inéluctable?» ou «choisit-on l’être aimé?».

Fils d’Arès et d’Aphrodite

Pour elle, ce risque de «l’amour-souffrance» s’appuie d’abord, en chacun d’entre nous, sur une «culture de la logique passionnelle» dominante depuis des siècles: «En amour, on souffre avant même de le savoir», observe la philosophe. Et d’invoquer les trois grands mythes fondateurs qui hantent notre inconscient: Éros, un dieu de l’amour né de la sensualité (Aphrodite) et de la guerre (Arès) ; la Passion du Christ, qui mêle amour et souffrance ; enfin, le mythe profane de Tristan et Yseult, qui scelle à jamais dans nos esprits l’image d’amants tellement exaltés par la passion qu’ils en meurent.

La philosophe rejoint ensuite l’approche psychologique de l’amour lorsqu’elle décrit les souffrances auxquelles celui-ci, dans son essence même, nous contraint: désir de fusion, manque de l’autre et jalousie, prise de conscience de notre solitude ontologique.

«Tout le monde veut aimer»

Le Dr Richard Meyer, somatoanalyste et auteur des Nouvelles Pathologies psy(Éditions Dangles), constate au quotidien la pérennité de ces «symptômes» générés par le sentiment amoureux. Il reconnaît toutefois que, depuis une dizaine d’années, la désolation des patients en ce domaine semble s’être amplifiée. «Au départ, bien sûr, l’amour est le sentiment affectif le plus pur et le plus beau qui soit, admet le praticien. Mais il a tendance à devenir pathologique lorsque nous voulons l’inscrire en émotions, comportements dans la réalité du couple… Alors apparaissent les problèmes de communication, de gestion du quotidien. Aujourd’hui, tout le monde veut aimer, beaucoup se sont libérés sexuellement, mais on bute sur l’expérience du couple… Et on se sépare vite!»

Dans le cadre d’une psychothérapie, la manière d’aimer est d’ailleurs un fil rouge permettant de préciser un diagnostic, du type «dis-moi comment tu aimes, je te dirai qui tu es»: «Les personnalités narcissiques ne savent pas l’éprouver, sont incapables d’empathie, explique le Dr Richard Meyer. Les “borderline” attirent l’amour mais ne croient pas qu’un autre puisse les aimer ; les personnalités dépendantes acceptent n’importe quoi d’un partenaire amoureux pourvu qu’on les garde…»

Éveiller le sentiment affectif pour le faire vivre déjà à l’intérieur de soi, comme un trésor qu’on aurait à faire grandir avant même de le partager avec un autre, apprendre à ressentir vraiment l’amour dans son corps (sensations, émotions…), est la première étape d’un processus thérapeutique qui peut être long. «Un vrai travail sur l’amour ne peut se faire qu’au cours d’une psychanalyse de plusieurs années», estime le Dr Richard Meyer. Une exploration exigeante, certes, mais qui vaudrait la peine. Pour le psychanalyste, l’amour «est la nouvelle frontière du citoyen moderne, et, dans notre société de maîtrise et de contrôle, comme une dernière grâce qui nous permet encore de nous abandonner».

Et vous, pensez-vous que l’amour ait évolué dans ce sens?

Faites-nous part de vos témoignages.

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La thérapie de couple, simple comme une application pour Iphone?

Un article d’"Infos-chalon.com" du 13 Mai 2012 nous présente le dernier jeu à la mode pour tester la solidité du couple… le Love Boost.

A en croire le succès de ce jeu, facile et rapide d’accès, les inquiétudes autour de la pérennité du couple, redevenu, par ces temps de crise, une valeur refuge, concernent beaucoup de gens qui cherchent des réponses à leurs questions.

Faut-il s’indigner, en tant que thérapeutes de couple, de l’utilisation, à des fins commerciales, de la détresse humaine?

Est-il préférable de traiter avec mépris ce type d’entreprise et faire comme si elle n’existait pas?

Ou bien n’est-il pas plus opportun de s’intéresser à la cible de ces quatre jeunes entrepreneurs? Qui sont-ils? Quelles sont leurs attentes? Qu’est-ce qui les pousse à chercher des réponses à leurs questions par l’intermédiaire d’un jeu?

Car, n’en doutons pas, il ne s’agit pas toujours  d’un simple jeu.

Pour ces personnes fragilisées, avons-nous, nous, thérapeutes, une réponse adaptée? Savons-nous nous faire connaître? Faisons-nous peur?

J’aimerais avoir votre sentiment sur cette question et, en attendant vos réactions, je salue, néanmoins, le dynamisme de cette jeune entreprise de CHALON-SUR-SAONE… 


CHALON : Love Boost, la petite appli « made in Chalon » pour Iphone
Le Dimanche 13 mai 2012 @ 18:57:31 Partager
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Il suffisait d’y penser. Une appli pour rabibocher le couple. Et dans ce domaine…y’a du boulot. Quatre copains chalonnais l’ont fait…et c’est un tabac sur App Store.

Jason, Thierry, Gérald et Bruno. Quatre copains mordus d’informatique et qui ont eu une idée…créer une application pour Iphone et qui soit à la fois un jeu et une thérapie de couple. Ni psychologues, ni informaticiens de métier, ils ont mis sur le cahier des charges toutes les expériences de leurs amis et connaissances, retenu le principe d’un concept ludique, adopté un graphisme digne des meilleurs jeux vidéo…et développé Love Boost.

Professionnellement, Bruno Rennis, c’est plutôt le vin. Sa clientèle se situe dans la grande distribution et les restaurants, il y promotionne, notamment les vins de la Côte Chalonnaise.  Il possède un carnet d’adresses d’enfer…Des petits crus qui affichent un rapport qualité prix sans conteste possible. Il prépare sur ce thème un site et une application qui devraient faire référence dans le métier. On en reparlera prochainement. Love Boost, c’est un peu son bébé et il en parle…passionnément.
Le concept en est simple. Chaque jour, pendant vingt huit jours, un coach virtuel vous propose un « boost ». il s’agit d’un défi qui peut aller d’une fleur à offrir à une soirée dans un grand restau en passant par une promenade, main dans la main. Des défis réalisables dans un délai de trois jours pour décrocher un score digne de ce nom.  Chaque boost réussi donnant droit à des points, en fonction de la difficulté de l’épreuve. Et chacun, dans le couple, peut choisir son coach…On fait le total au soir du vingt-huitième jours.


     Sur FaceBook aussi


« On se situe entre le jeu et le prolongement logique du livret d’aide au mariage, créé il y a deux ans par le Secrétariat d’État à la Famille » note Bruno. Et l’analyse du besoin répod sans aucun doute à une attente, en une semaine de mise à disposition dans l’App Store, les chalonnais font un carton. Le positionnement sur les réseaux sociaux comme FaceBook assure une promotion très efficace sur un créneau de population très concerné par le concept.  On attend, dans les semaines à venir, la version Androïd pour les tablettes, notamment.
Bruno, qui il y a quelques mois encore était en stage 350 de créateur d’entreprises à la CCI, coordonnés par Fabienne Pâtissier, embraye sur une vie professionnelle qui s’annonce très active. Ne vous fiez pas à son aspect « cadre dynamique sérieux », derrière la façade il y a de l’humour à revendre et un « remue méninges » permanent.  Des idées d’applications ? Ça ne manque pas et des quatre chalonnais on n’a pas fini d’entendre parler.
L’application « love Boost » est disponible sur App Store au prix de 0,79 euros. A voir aussi sur FaceBook.


Bruno Rennis…le développement des idées, c’est son rayon


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Classé dans Thérapie familiale

La flexibilité des employés, un avantage pour les entreprises?

Est-ce que le travail flexible augmente la compétitivité des entreprises?

Ce sont les conclusions de Marie-Amélie FENOLL, l’auteur de cet article du 22/02/2012.

Les nouvelles technologies et les nouvelles formes d’organisation du travail (télé-travail, coworking…) permettent, en effet,  une plus grande souplesse pour les salariés, qui se traduirait positivement au niveau de la productivité et de la compétitivité.

Quel est votre avis sur cette question?

 

 

Au travail, flexibilité rime avec compétitivité

Par Marie-Amélie FENOLL, 22/02/2012

Selon une enquête menée par Regus, spécialisé dans la location d’espaces de travail, la flexibilité dans le travail (lieu ou horaires) engendrerait une meilleure compétitivité de l’entreprise. Sans compter les bénéfices en termes de bien-être des salariés.

Au travail, flexibilité rimerait avec compétitivité de l’entreprise et bien-être des salariés. Tels sont les enseignements tirés d’une enquête internationale menée par Regus, spécialisé dans la location d’espaces de travail flexibles.

61 % des salariés français travaillent plus souvent à l’extérieur

Selon l’enquête, 61 % des salariés français interrogés déclarent travailler désormais plus souvent en dehors du bureau qu’auparavant. À l’échelle mondiale, ce pourcentage est de 67 %. Et 62 % des salariés français prévoient une augmentation du nombre d’employés optant pour un poste à temps partiel à un moment donné de leur carrière. Un taux qui grimpe à 80 % à l’échelle mondiale. Enfin, les collaborateurs français et internationaux sont 75 % à déclarer travailler de plus en plus de manière flexible, qu’il s’agisse des horaires et/ou du lieu de travail.

Pour Frédéric Bleuse, directeur général France de Regus, « l’amélioration des technologies de communication, ainsi que la demande des employés en faveur d’un meilleur équilibre entre vie privée/vie professionnelle ont permis à la flexibilité au travail de s’imposer comme la règle. C’est une évolution qui me semble positive, d’autant plus qu’elle n’allait pas de soi dans un pays encore culturellement attaché aux contacts humains et aux modes de travail traditionnels ».

Quand flexibilité rime avec compétitivité

Chiffre étonnant : 63 % entreprises de l’Hexagone associent directement la croissance de leur chiffre d’affaires aux solutions de travail flexible. Ce pourcentage est de 68 % à l’échelle mondiale. Ainsi, 69 % des entreprises françaises indiquent que leur productivité a augmenté suite à la mise en place de méthodes de travail flexibles (72 % à l’échelle mondiale).

… et bien-être des salariés

Environ 54 % des sondés en France reconnaissent se sentir en meilleure santé grâce à l’introduction de la flexibilité au travail. Ils sont 58 % au niveau mondial. Aux échelles nationale et mondiale, les collaborateurs sont respectivement 62 % et 63 % à indiquer se sentir plus stimulés et plus motivés grâce à l’introduction de la flexibilité dans leur entreprise.

Les petites entreprises françaises ont plus facilement adopté les solutions de travail flexibles que les grandes entreprises : 81 % des employés des petites entreprises déclarent en effet que leur société travaille de manière plus souple qu’avant, contre 60 % du personnel des grandes entreprises. L’étude révèle également des disparités selon le secteur d’activité des salariés : ainsi les collaborateurs exerçant dans le domaine du conseil et des services sont 84 % à déclarer travailler de plus en plus de manière flexible, contre 67 % pour ceux exerçant dans la banque-assurance. Enfin, les Strasbourgeois sont 95 % à affirmer que leur société travaille de manière plus souple qu’avant, contre 74 % des Parisiens et 68 % des Lyonnais.

(1) Plus de 16 000 entreprises, réparties dans une soixantaine de pays issues de la base de contacts internationale de Regus, ont été interviewées en septembre 2011. L’étude a été administrée et gérée par Marketing UK, une société indépendante.

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Classé dans souffrance au travail

Quelle valeur attribuons-nous au travail?

Cet article du Figaro.fr du 22/02/2012, signé Xavier LAGARDE,  apporte un éclairage intéressant sur le sens, la valeur que nous donnons au travail, et qui ont beaucoup changé au cours des deux dernières décennies.
Alors,comment nos attentes par rapport au travail ont-elles évolué, sont-elle encore adaptées aux modes de production?
Peut-on trouver, là, une origine au mal-être au travail ambiant?
Faites-moi par de vos réflexions après lecture de cet article : 
  • La valeur travail en question

    TRIBUNE – Xavier Lagarde, avocat à la cour et professeur à l’université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense*, plaide pour que le travail retrouve sa juste place dans notre société.

    Sur le papier, la valeur travail ne souffre aucune critique. Au pays de l’égalité, l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme retient en effet que l’admissibilité des citoyens aux dignités et aux places se fait «selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents». Avec plus de bonhomie et de légèreté, Georges Brassens ajoutait que «sans travail, le talent n’est rien qu’une sale manie». Le travail est ainsi le meilleur moyen de féconder nos talents et nos vertus, de développer nos capacités. Il conditionne l’accès aux «positions», comme disent les sociologues, plus ou moins bien considérées. Au sein d’une société tiraillée entre aspirations égalitaires et hiérarchies implicites, il est assurément le juge de paix.Pourtant, cette valeur est bien mal en point, ce qui motive en partie les mesures annoncées hier soir par le chef de l’État. À courte vue, d’aucuns verront dans ce malaise un effet des «35 heures». Ils n’ont pas complètement tort, à ceci près que cette réforme, que nous payons encore au prix fort, n’est jamais que le maillon d’une chaîne que nous portons péniblement et de longue date. En deux mots, et ceci n’est pas d’hier, la valeur travail souffre d’un surinvestissement symbolique et d’un sous-investissement matériel. On devine la conclusion. Qui veut rehausser la valeur travail doit se hâter de faire l’inverse. Développons.Au moins en France, la vulgarisation de la pensée marxiste s’est construite sur la conviction que le capitalisme a perverti la valeur travail. Il fallait y voir une source d’émancipation et de liberté. Les premiers capitaines d’industrie l’ont réduit à l’état de facteur de production. Le travail des ouvriers est ainsi devenu le vecteur de leur aliénation. Même si les luttes se sont adoucies, l’idée que le travail doit être le lieu d’un épanouissement personnel n’a cessé de se renforcer au fil du temps. La refonte des politiques managériales à la fin des années 1980, magistralement décortiquées par Luc Boltanski et Ève Chiappello dans Le Nouvel Esprit du capitalisme, s’est déroulée en forme de réplique au slogan des seventies qu’on ne peut «perdre sa vie à la gagner». Les grandes firmes se sont ainsi mises au défi d’offrir le meilleur à ceux qui de salariés devenaient collaborateurs. Certains y croient encore et fêtent chaque année leur entreprise en chantant «j’aime ma boîte». Les débats sur les risques psychosociaux et la souffrance au travail s’inscrivent dans ce mouvement d’exagération des attentes qu’inspire le travail. En observateur averti, Patrick Légeron, auteur notamment du Stress au travail, relève que la souffrance se nourrit du surinvestissement. Celui qui craque, c’est d’abord celui qui en fait trop. Il n’obtient pas la reconnaissance attendue, alors qu’il juge avoir beaucoup donné. Il souffre en silence jusque parfois au point de rupture. D’où réflexions et débats sur le bien-être en entreprise, la nécessaire construction d’un nouvel humanisme et plus généralement sur l’identité professionnelle et la fonction symbolique du travail. Ce qu’on attend du travail est à mettre en parallèle avec ce qu’on en reçoit, au sens le plus matériel des choses. Une rémunération, sans aucun doute, mais assez faible en réalité. En elle-même et sauf quelques rares professions, probablement en voie de disparition, dont l’exercice est assorti de bonus mirobolants, elle ne permet guère de capitaliser. Pourtant, seul un minimum de capitalisation offre aux individus le sentiment de sécurité propice à la mise en œuvre de projets d’avenir, la sérénité nécessaire à une prise de risque raisonnée. Quels dispositifs permettent de se constituer un patrimoine? Dans la société bourgeoise, l’héritage, les plus-values immobilières et les indemnités de licenciement. Il n’est pas rare de voir un couple de cadres amorcer la pompe de l’accès à la propriété grâce à une fraction d’héritage, solder les emprunts complémentaires lors d’un licenciement et loger les enfants grandissant après revente d’un logement devenu trop grand et affectation des plus-values à leur bénéfice. Ce cycle a sans doute des vertus, mais chacun conviendra que la valeur travail s’y épanouit timidement. D’autant que ces sources de capitalisation sont peu ou pas taxées, en tout cas bien moins que ne le sont les revenus du travail. D’ailleurs, ceux qui perçoivent un haut revenu sont généralement désignés comme des «privilégiés». Une taxation élevée de leur rémunération passe ainsi pour une évidente mesure de justice sociale. L’évidence dissimule mal une curieuse inversion de valeur. Pour remettre les choses à l’endroit, suggérons que, sous un angle symbolique et matériel, le travail retrouve sa juste place. Il faudrait rappeler que c’est le moyen le plus commun, et pas le plus malhonnête, de gagner de l’argent et d’assurer par ce biais sa subsistance, voire son bien-être matériel. Il est temps de dégonfler la bulle symbolique créée autour du travail. Il faudrait que matériellement les revenus du travail soient un peu plus que de l’argent de poche. Certes, les arbres ne montent pas jusqu’au ciel et ceux qui veulent faire fortune n’ont qu’à se faire entrepreneur. Il serait bon cependant, à l’heure où les uns et les autres appellent à la révolution fiscale, sans la définir clairement, qu’un rééquilibrage s’opère entre la bien légère taxation des capitalisations toutes faites et la lourde imposition des revenus du travail. * Auteur d’une note sur le sujet pour l’institut Présaje et du livre Juste capitalisme, essai sur la volonté de croissance, Litec, 2009.

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Comment s’expriment les conséquences de la crise dans les thérapies?

Que perçoivent les spécialistes du mal-être (psychologues, thérapeutes, psychanalystes…),  au travers des témoignages de leurs patients, des conséquences personnelles et professionnelles de la crise?

Comment peuvent-ils les aider?

C’est ce qu’ont cherché à savoir Hélène FRESNEL et Cécile GUERET en rédigeant cet article pour ParisNormandie.fr : 

 

La crise sur le divan

Publié le vendredi 24 février 2012 à 08H00

ANGOISSE. Qu’est-ce que la crise fait résonner en nous ? Quel écho trouve-t-elle dans nos peurs et nos manques ? Quatre thérapeutes nous racontent comment elle s’exprime dans leur cabinet.

Beaucoup de patients se sentent disqualifiés, reconnaît un psychiatre (photo illustration AFP)

Beaucoup de patients se sentent disqualifiés, reconnaît un psychiatre (photo illustration AFP)

La crise ne nous touche pas qu’économiquement. Elle nous atteint intimement. Comment pourrait-il en être autrement? Même les mieux lotis ne peuvent échapper à la noirceur ambiante diffusée par les médias. «Crise», «récession», «rigueur», «sacrifices», «perte du triple A»: depuis des mois, le vocabulaire dominant a les accents d’une mauvaise série noire. Un film d’autant plus effrayant que nul ne donne l’impression de maîtriser son scénario catastrophe et qu’il semble impossible d’en prédire la fin. C’est sans doute là la principale différence avec la crise de 2008, qui nous avait déjà incités à interroger les psys sur les effets de ce malaise socio-économique chez leurs patients. Cette fois, la sévérité de la crise paraît plus durable, plus grave, plus palpable. Quelle que soit leur approche, les thérapeutes font tous ce même constat alarmant. «Une crise, n’est-ce pas un moment aigu? Quelque chose qui survient, monte en flèche puis redescend. Nous sommes au-delà. Nous sommes dans une situation stationnaire et durable. Notre système se durcit et isole les sujets, alors que nous sommes des êtres de lien. Tout le monde est frappé. A un point tel que l’hospitalisation de jour que j’avais créée pour proposer à tous d’avoir accès à la thérapie par la parole ne désemplit pas. Le constat que je dresse est le suivant: il n’y a plus d’avenir, dit-on. Or, quand un sujet rencontre un monde sans perspectives, ce qui lui revient en pleine figure, c’est une sensation d’incompétence, d’inadéquation, de morcellement intérieur.

«La crise met en jeu la pauvreté et la précarité. Ce sont deux notions qui ne résonnent pas de la même manière dans la psyché. La pauvreté peut être très difficile à vivre, mais ses conséquences psychiques ne seront pas épouvantables pour l’individu. La précarité, elle, prend deux formes: une «bonne», qui consiste à reconnaître, à assumer notre besoin de liens, le fait que nous dépendons tous les uns des autres. Et une «mauvaise», qui repose sur la crainte de ne plus être reconnu comme un individu parmi d’autres. C’est à cette «mauvaise» précarité que nous sommes de plus en plus confrontés dans notre travail aujourd’hui, et qui conduit à une perte de confiance très dommageable pour la santé mentale. Beaucoup de patients se sentent disqualifiés. Ils se méfient de tous, de leurs voisins d’immeuble, de travail, et entrent dans une logique «persécutoire» qui les met dans des états de stress permanent. Cette spirale paranoïaque nocive aboutit à un grand nombre de dépressions et de troubles narcissiques associés à une peur de l’avenir.
«A soixante-dix euros la séance, certains patients en difficulté financière hésitent à continuer leur thérapie. Nous trouvons des arrangements: se voir tous les quinze jours, trente minutes au lieu d’une heure… D’autres, au contraire, veulent continuer à travailler sur eux au même rythme qu’avant. La crise fragilise les personnalités qui trouvent leur sécurité à l’extérieur d’elles-mêmes. Elle peut réveiller une peur du manque habituellement tapie. Elle ravive parfois un passé douloureux de pauvreté ou le souvenir d’une dégringolade sociale. Et, pour ceux qui ne peuvent s’appuyer sur leur famille, une angoisse existentielle de solitude et d’abandon. Certains s’accrochent à un travail qu’ils n’aiment pas, terrorisés à l’idée d’être virés et de ne pas retrouver d’emploi. Ces angoisses sont justifiées: nous n’avons pas le contrôle, soumis à des choix politiques et économiques qui nous dépassent. J’encourage mes patients que la crise plonge dans la dépression à s’ouvrir aux autres. Ne serait-ce que pour constater que nous sommes tous, d’une façon ou d’une autre, vulnérables.

«Les choses ont changé, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles n’ont pas évolué dans le bon sens. J’accueille beaucoup de victimes d’accidents du travail liés à des problèmes de harcèlement. Ça a commencé il y a deux ans, avec une multiplication des cas de burn-out. Cette année, le climat s’est encore alourdi, avec beaucoup d’agressivité verbale, physique, civique dans les entreprises. Les patients ont peur de leurs supérieurs, de leurs camarades de travail. Il y a aussi ceux qui deviennent agressifs parce qu’ils craignent de perdre leur emploi. Je suis aussi confrontée à de plus en plus de violences domestiques: la colère qui a dû être ravalée au travail se «libère» au sein de la famille. Les enfants, les adolescents sont atteints eux aussi. Ils n’ont plus confiance en l’avenir, tentent de compenser par la nourriture, souffrent d’anorexie ou de boulimie… J’ai modifié ma pratique: je m’efforce de me rendre très disponible. Les patients qui régressent ont besoin d’un accompagnement constant.

PROPOS RECUEILLIS PAR HELENE FRESNEL ET CECILE GUERET

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Quand le langage de l’entreprise envahit la sphère privée

L’habitude de copier les comportements anglo-saxons nous avait déjà conduits à adopter un langage "franglais", devenu courant, puis à adapter celui-ci au monde de l’entreprise et à ses rituels.
Aujourd’hui, ce langage-charabia pour nombre d’entre nous, s’invite jusque dans nos vies privées et se répand, sans même que nous en soyons réellement conscients.
Louis CALVERO a écrit, pour le Nouvel Observateur du 23/02/2012,  un article sur ce sujet que je vous invite à lire ci-après.

Le jargon professionnel vous exaspère ? Le pire est à venir

Modifié le 23-02-2012 à 11h13

3 réactions | 730 lu

Temps de lecture Temps de lecture : 3 minutes

LE PLUS. Le jargon professionnel est pénible. Mais le vrai supplice, c’est quand il contamine le langage quotidien. Petit florilège de ces expressions absurdes qui pourraient bientôt envahir votre vie personnelle.

> Par Louis CalveroChroniqueur dérisoire

Edité par Helene Sergent

C’est un petit tacle pour l’homme, mais un tacle de géant pour le professionnel :  "Terrafemina" vient de publier, sans discrimination aucune, un excellent Top 50 des expressions professionnelles les plus exaspérantes du moment.

Très complet, on y retrouve tout les hits de la collection automne-été 2012, de la machine à café du délicieux "siloter" à l’incontournable "impondérable".

Dans un cadre professionnel et rémunéré, cela ne m’affecte pas trop de me faire limer les nerfs et les tympans par des expressions aussi tragi-comiques que "le jour d’aujourd’hui" ou "approche 360".

En revanche, imaginer qu’elles vont contaminer un jour mon espace privé pour pas un rond me fait clairement flipper. J’ai même déjà sur moi une liste noire, que je vous communique, comme ça, pour éviter de se fâcher à tout jamais pour une simple expression inappropriée :

"Être en capacité"

C’est logiquement l’expression qui monte, puisqu’elle désigne aussi bien l’immobilisme que la virtualité. D’ici quelques années, attendez-vous à la subir le week-end aussi.

- Samedi à la fête de Joachim, j’étais clairement en capacité de me lever Samantha."

- T’es sûr ? Parce que je la sentais bien en capacité de te mettre une pure veste."

"Rencontrer une problématique"

C’est le joker verbal censé faire disparaitre chaque vraie difficulté au profit d’une vraie faute de français et qui semble s’inscrire dans la durée. Je crains d’ailleurs que ma banque ne tarde pas à m’appeler pour que nous allions, ensemble, à la rencontre de mes problématiques de fin de mois. Ce qui risque de poser un authentique problème. De syntaxe. Notamment.

"Être proactif sur"

Dans la vie professionnelle, pour accéder au clan si envié des employés proactifs, il suffit concrètement de ne pas attendre de prendre un coup de pied au cul pour faire mine de s’occuper du dossier Pelissier. À l’attention de ceux ou celles qui voudraient exporter le concept, je le dis tout net : sur la vaisselle, la lessive et les tâches administratives, oh surprise, je ne suis pas proactif.

Revenir vers moi (ASAP) : Comme tout le monde, j’ai parfois pu vivre un moment délicat quand venait la question de se rappeler ou pas. Mais la première qui aurait évoqué l’hypothèse que l’on revienne l’un vers l’autre (ASAP) aurait eu à coup sûr… une réponse rapide.

Statuer : En gros, ça revient à décider d’un truc mais en prenant l’air suprêmement intelligent. Un cas concret pourrait donner : "Écoute, tu as déjà statué en faveur d’un film pourri, alors tu me laisse un peu statuer pour le resto."

Capitaliser sur le REX : C’est le secret des entreprises et peut-être des mariages qui durent : le REX ou "retour d’expérience" très contracté. En pratique, ça consiste à consigner des souvenirs d’ancien combattant dans l’intranet pour infliger la lecture de ces tuyaux pourris aux juniors, même après la mort du combattant concerné. Dans le privé on peut craindre d’entendre bientôt : "J’ai un REX sur le Club Med d’Hammamet, si tu veux capitaliser dessus, j’ai des diapos."

Challenger son n+1 et son prochain : La vie professionnelle se divise en deux camps : ceux qui ont moins, et qui le méritent bien, et ceux qui ont plus, mais qu’une concurrence pure et non faussée va rapidement remettre à leur place. Dans l’entreprise ce darwinisme a un nom : challenger son prochain. Curieusement, après cinq ans de sarkozysme, cette saine émulation a contaminé nos vies tout court (et aussi un peu nos trottoirs). À ce propos, je compte bien challenger la Citroën neuve de mon odieux beau-frère avec un iPad 3 neuf dès sa sortie. Merci d’envoyer vos dons à la rédaction.

Next step ? Si vous voulez qu’on interagisse ensemble plus largement sur ce scope, n’hésitez pas à me faire part de vos REX dans les commentaires. J’inscrirai ça en top prio sur ma "to-do list".

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La crise et les fêtes, des dangers pour les couples?

En ce début d’année, je voudrais vous adresser, à tous et à toutes, mes meilleurs voeux pour 2012, mais j’aimerais, tout spécialement, souhaiter à tous les couples qui me lisent, de ne pas avoir traversé, en fin d’année dernière, les affres décrits dans cet excellent article de "Mediapart.fr" du 28/12/2011…

Léon et Paulette, les auteurs, y répertorient avec un humour plutôt mordant, les différents évènements, plus ou moins agréables, qui jalonnent la vie d’un couple…

Je vous laisse découvrir ici cette singulière représentation : 

Couples, résistez aux fêtes et à la crise ! lance Léon

28 Décembre 2011 Par LEON et PAULETTE

Quand j’ai entendu Paulette début décembre me dire qu’elle se mettait au régime, j’ai mis le gyrophare et ouvert les yeux en grand. Comment Paulette, tu veux me quitter ?

Je ne suis pas né de la dernière pluie. Plutôt contemporain de la moissonneuse-faucheuse-batteuse-lieuse. Et je n’ai pas attendu le professeur Thomas Klein pour établir « le lien existant entre le bonheur et le poids. ». J’ai aussi mon expérience. Selon lui, une obsession soudaine pour le sport ou les régimes n’est pas un bon signe pour un couple à priori stable. Je ne lui fait pas dire ! Un couple heureux prend de la pane, mais ne maigrit pas.

Ce qui n’est pas rassurant, c’est que Paulette ait choisi cette période de fêtes pour s’amincir. Parce que les fêtes de fin d’année sont des usines à malheur pour les couples. C’est à ce moment précis qu’ils ont le plus de risques d’exploser en vol.

Attention, je ne suis pas le seul exposé ! Les fêtes peuvent aussi atomiser votre couple. Il n’y a pas de mystère, soit les fêtes vous rapprochent soit elles détruisent. Il n’y a pas d’autre alternative comme dirait La Palisse. Vous ne saviez pas que la saison s’y prête ?

En effet, décembre est le mois des ruptures (comme le 1er janvier est celui du record annuel de conception de bébés, tellement les gens picolent). En cette période de stress intense, le temps est à l’orage.

Il faut bien admettre qu’« il y a beaucoup de choses à préparer, des familles à réunir autour d’une même table et à gérer » – on ne communique pas toujours bien avec nos familles -, « on boit plus et on dépense plus d’argent. Il y a plus de tromperies pendant les fêtes à cause de tout cela. ». Pour faire baisser la tension, les gens se grimpent dessus en extraconjugal, vite fait bien fait en douce après les courses chez Félix Potin dans un bed and breakfast.

Si vous avez échappé à la première vague de Noël, attention au nouvel an, qui est aussi propice aux ruptures. C’est Facebook qui l’a remarqué. Cela dit, si votre couple est brisé en ces périodes-là, c’est qu’il avait déjà un pet au casque.

Mais pourquoi Paulette me ferait ce coup-là ? J’aurais bonne mine à me présenter devant ma mère le jour du réveillon en célibataire !

Je me ronge les sangs. Je me dis : elle ne m’a pas quitté à Noël car elle voulait encore profiter des cadeaux. Quelle honte !

Elle ne va pas me faire ça maintenant, non ? Ce n’est pas le moment. En plus, elle pourrait bien attendre le prochain anniversaire des gamins …

Je ne vois pas ce qu’elle pourrait me reprocher, Paulette. Elle a tout ce qu’elle veut, du « sexe tranquille, confortable, pas compliqué … pas besoin d’une partie de jambes en l’air sauvage ». Le « shoot d’endorphines » à la pépère en toute sécurité, c’est quand elle claque des doigts. Paulette elle est comme ça, elle a « besoin de sexe » comme d’autres « ont envie de poulet rôti ou de crème glacée ».

Pourquoi elle me quitterait Paulette, qui est adepte du "sexe confort" si rassurant ? Le sexe confort, c’est « … un peu comme commander votre plat préféré au resto chinois du coin. Bien sûr, vous savez à quoi vous attendre, mais vous n’avez pas besoin de méditer sur le menu et c’est au final super bon à chaque fois! ».

Bon d’accord, je dois vous dire quand même qu’on a eu une petite alerte à cause de moi.

Comme je vous disais, je suis déjà un peu amorti. Et comme 60% des hommes, j’ai eu ce passage à vide. Pardon de l’évoquer, mais ce n’est pas parce que les hommes font silence radio là-dessus que je vais me taire: l’éjaculation précoce, ce n’est pas une maladie.

Moi, je n’avais pas connu ça avant.

Puis soudain, ça m’est tombé dessus. Vous savez quand ? Juste après le second tour des primaires socialistes. Une sortie de route sévère.

Déjà, le soir du premier tour, j’ai eu une petite alerte, genre il n’y a plus d’abonné au numéro que vous avez demandé. Paulette a été surprise, elle m’a fait des yeux en points d’interrogation. «  Oh ! Léon, tu nous fait le coup de la cocotte-minute et du train arrêté en pleine voie ? C’est à cause du petit score à Martine Aubry ? » qu’elle m’a demandé. Elle avait tout compris.

Après, le phénomène a empiré à partir du soir du second tour quand j’ai vu que François Hollande allait être président de la République. Pourquoi ça m’a causé un trouble du reflex conditionné ? Je ne sais pas trop.

Est-ce que j’ai quelque chose de caché avec Flamby ? Non, ça se saurait, les fiches et les vidéos hanteraient depuis longtemps les salles de rédaction.

L’affaire allait mieux depuis quelques jours. Je peux à nouveau frapper avant d’entrer depuis que je me suis mis dans la tête qu’à la présidentielle je n’allais pas précicipamment lâcher mon bulletin dans l’urne sans savoir maîtriser le geste et canaliser le flot de mes sentiments politiques. Ne pas se tromper le bulletin, voilà de secret du bonheur.

Vous me voyez faire une croix sur Paulette et tourner la page ? Plutôt mourir! Je m’en souviendrai longtemps de Paulette, on ne peut pas effacer les souvenirs sur commande. Et je ne me vois pas aller sur le site « Never Like It Anyway » pour vendre ses affaires, souvenirs post-rupture.

J’espère que Paulette tiendra bon et ne fera pas de bêtises. Je lui raconterai la chèvre de monsieur seguin pour la prévenir des dangers. Je lui dirai qu’elle peut continuer d’aller faire des manifs avec des gars qui lisent Médiapart.

Moi, j’irai brûler des cierges pour ne pas me retrouver seul.

Même que j’en brûlerai aussi pour me protéger, car la crise pousse à l’infidélité masculine, en plus de nous mettre raides comme des passe-lacets. On n’en sort pas ! Ah merci, Sarkozy !

Vous ne saviez pas, pour le rapport crise/infidélité ? Ben dites-donc, faudrait lire les journaux ou l’internet !

Vous, voir vos actions chuter en Bourse, ça ne vous défrise pas ? Si ! Alors, faites attention, car le « le stresspousserait naturellement les hommes à se reproduire, quitte a tromper (sa) compagne ». C’est logique, car comme la crise économique indique « au cerveau des hommes qu’une menace arrive, les mâles tentent à tout prix d’assurer la pérennité de leurs gênes et forniquent à tout-va. ». On ne sait pas si ça s’applique aussi aux hommes politiques eux-même. Bien qu’on ait des exemples.

Bon allez, bon réveillon à toutes et à tous, joyeuse année 2012 et beau printemps!

Et ne lisez pas n’importe quoi !

Léon

http://blogs.mediapart.fr/blog/leon-et-paulette/281211/couples-resistez-aux-fetes-et-la-crise-lance-leon

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